Citation du jour :
Tu parviendras avec la protection de Dieu...
(Règle de Saint Benoît 73,9)

1er Avent Billet liturgique

Revoici le beau temps de l’Avent. Un temps marqué par ses couleurs, ses odeurs, ses tonalités musicales… Quelques notes, quelques mots, attendus, nous plongent dans cet univers liturgique particulier.

            On sent bien qu’une page se tourne et qu’une année nouvelle commence. C’est plus discret mais peut-être même plus net que le 1er janvier. Pourtant la fin de l’année liturgique précédente nous y préparait, mais cette fois, nous y sommes, « Voici le temps du long désir ». La liturgie nous invite à « regarder au loin », à tourner notre regard vers la Fin pour guetter la Venue du Seigneur. Il faut aussi regarder autour de nous, guetter « les Germes » que le Seigneur a semés, Germes de Justice, de Paix… alors que notre quotidien, les journaux écrits, télévisés et parlés ne nous brassent que des mauvaises nouvelles, images de violence, …

Les chrétiens sont-ils alors de doux rêveurs, des poètes et musiciens qui aiment de manière quasi mélancolique le temps de l’Avent ? Non ! La lecture de Jérémie de ce premier dimanche d’Avent C est pleine d’espérance. Jérémie ne se répand pas en jérémiades. Il nous annonce que le Seigneur va « accomplir sa Parole de bonheur ». Il fera germer un Germe de Justice pour David. Nous, chrétiens, y reconnaissons l’Annonce de la Venue de Jésus Christ. Ce ne sont donc pas paroles en l’air. En Jésus, Dieu a déjà commencé d’accomplir sa parole de bonheur. Il apporte la Justice car pas d’amour sans justice, sans parole vraie, parole qui dénonce le mal, parole qui tranche, retranche le mal qui nous assaille, Parole comme une épée à deux tranchants.

Le Seigneur apporte le salut ! Notre monde n’a pas l’air conscient d’avoir besoin de salut. Il faut avoir vécu une épreuve, avoir été confronté au Mal dans son horreur, peut-être, pour ressentir au plus profond de soi le besoin d’être sauvé. Nos forces ne sont pas grand-chose face au Malin. Seul l’Amour de Dieu peut en triompher, nous sauver. C’est ce salut que nous apporte le christ. Nous le chanterons à Noël.

Mais la naissance de Jésus est le point de départ, pas l’arrivée. Jésus vient, il entre dans notre monde. L’Avent nous dispose à le recevoir, à célébrer cette première venue. Mais l’évangile de ce dimanche, avec ses images apocalyptiques effrayantes, ne nous est pas proclamé pour faire peur, au contraire. La Croix du Christ, sa Passion, sa Résurrection sont encore à l’œuvre aujourd’hui contre le mal qui rôde et nous enserre. Nous attendons dès lors la Venue définitive, finale, de Jésus Christ, quand il rassemblera tous les enfants du Père et les conduira vers Lui. Près de Lui, nous habiterons en sécurité, dans la Paix de son Royaume.

L’Avent peut alors être un temps de douceur. Ses couleurs, musiques, images y invitent. Puisque Dieu nous sauve, puisque le Seigneur vient, nous ne devons plus craindre. Nous pouvons nous faire le cadeau de la douceur en ce temps, en cette nouvelle année. La douceur des sauvés par l’Agneau, la douceur reçue du Sauveur doux et humble de cœur. Une douceur pleine de vraie force et de joie. « Heureux les doux » nous dit Jésus, comme un signal fort pour aller à sa rencontre.

            « Frères, Sœurs, que le Seigneur [nous] donne, entre nous et à l’égard des tous les hommes [,les femmes], un amour de plus en plus dense et débordant. » Un amour qui ose demander pardon, reconnaître sa faiblesse dans l’échec, la parole ou le geste violent. Un amour qui pardonne, sourit, tend la main, pour repartir ensemble vers le Seigneur, guetter ensemble sa Venue. Et je nous souhaite d’un jour nous tenir ensemble « debout devant le Fils de l’homme ».

 

Sr Marie-Paule

1er décembre 2018

 


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